
vendredi 22 avril 2011
A flor e o escudo

dimanche 27 mars 2011
I said do you wanna be my girl
J'ai ressenti les premiers symptômes il y a quelques semaines. C'est toujours le cas. Je venais d'arriver dans la ville, l'alcool et la chaleur, la musique et la sueur. Je sentais l'effet des répétitives percussions sans réellement y prêter attention. J'ai rapidement croisé la route de quelques déguisements, de quelques fantaisies, j'hésitais à me joindre à eux. Par peur que cela me monte à la tête, comme souvent. Car les nuits de Rio tournent.
Puis la semaine reprenait et je regagnais mes esprits. Pas d'hallucinations, pas de convulsions. J'ai tenu comme ça plusieurs jours, et puis le carnaval a commencé. On m'a poussé dans les bras d'une femme mais j'ai fini dans ceux d'une autre. J'avais les yeux trop plein de buée. Au milieu des cris, elle m'a dit que l'embrasser n'avait aucun sens. J'ai divagué, mais ce n'était qu'un court moment, je crois.
La folie a repris. J'ai monté des allées bohèmes pour aller m'étouffer de nouveau dans des répétitions de percussions, par ici, par ici. Tout le monde parlait avec tout le monde, peter pan avec jésus, facebook chat avec jack sparrow. Je garde en souvenir des mouvements et des moments. Cela n'avait aucun sens. La musique avançait, et je m'écrasais avec la foule. Mais la folie ne s'est pas arrêtée.
La musique avançait et nous avec, nous avons tourné et la musique avec. J'ai suivi la femme mariée. J'ai pris part à son rythme, mais ce n'était qu'un court moment, je crois. J'ai retiré ma couche, ma tête de plus en plus, brulait. Le carnaval m'a eu mais ce n'était pas vraiment ma faute. J'ai eu ma première crise.
J'ai continué à chanter, car je suppose que c'est comme cela que ça marche. Je suis resté bloqué, je l'ai appelée. Je suis rentré dans une vague mais c'était déjà trop tard, ma tête qui chauffait. La nuit est tombée. Je ne me souviens plus que de moments, et de mouvements. Ma tête tournait dans Rio, et tout ça n'avait aucun sens.
J'y suis reparti sans idées de fantaisie. La pression était trop forte, j'ai senti les premières convulsions. J'ai cru voir quelque chose. J'ai cru entendre quelque chose. S'est-elle occupée de moi. J'ai perdu conscience, du monde, du bruit, et alors que le char avançait je me fais piétiner par des gens que je crois nus.
Le dernier défilé, bien trop mélancolique, rassemblait les blocos les plus pauvres, et alors que leurs drapeaux s'envolaient sur l'avenue Rio Branco, je l'ai retrouvée pour perdre connaissance. Car les nuits de Rio tournent toutes autour d'elle.
mercredi 23 mars 2011
Dans l'abîme des abîmés
vendredi 11 février 2011
Sur la route, lalalalalalala


J'ai lu des poèmes mélancoliques dans le bus, j'suis arrivé à sucre qui se réclame la capitale de Bolivie, d'abord tout était rouge, pauvre et délabré, ensuite tout était blanc, beau, et avec plein de patios et de gens qui dépassaient 1m60, j'étais passé de la banlieue au centre ville. Je suis monté sur la colline de l'amour, j'ai mangé les meilleures céréales qui existent, j'en ai parlé pendant 2h à Maelle, on a rencontré des gens de longtemps, on a mangé du chorizo, on a vu la déclaration d'indépendance de Bolivie, j'ai flashé sur la guide, on a vu une expo avec que des masques, on a vu un château oú le guide disait que tout était muy hermoso, on a fait de la musique avec des argentins francophiles, fue lo mejor del amor, et on est repartis.
J'suis arrivé à la paz, j'ai dit au moins 20 fois que la géographie de cette ville était folle, j'ai vu des rues, puis des maisons, puis des maisons sur des montagnes, puis des montagnes pleines de forêt, puis des montagnes pleines de neige. J'ai essayé d'en escalader une, on s'est pris un orage dans la gueule, j'ai pris une décharge électrique et je suis parti en courant, j'suis rentré en bus par la valle de la muerte, maman, c'est la route la plus dangereuse du monde.

J'suis parti au lac titicaca, j'ai rencontré dans le bâteau un mec qui prenait du cactus hallucinogène 'en mode cérémonie t'as vu', j'ai vu le coucher du soleil, des formes de nuage bizarres et une lumière bleue de folie tellement qu'on pouvait faire des photos trop biens, j'me suis levé pour le lever du soleil mais il pleuvait donc j'me suis recouché, échec, j'ai fait le tour de l'île à pied, j'me suis fais arnaquer par des gamins qui se faisaient passer pour des douaniers, et la balade c'était chouette.
J'ai pris un long bus, il nous a passé shutter island en espagnol, c'était dur, j'ai pris un bus, puis un taxi, puis un bus, puis j'ai dormi 2h et j'ai escaladé une heure de montagne nuageuse pour arriver au Wayna Picchu, les nuages sont partis, petit... à petit, tout le monde devenait fou dès qu'il y avait un bout de visible, bientôt on voyait tout, j'ai vu le Machu Picchu de loin, puis de près, c'était grave mystique, non mais qu'est ce qu'ils sont venus foutre aussi haut ils avaient un complexe ou quoi, j'suis redescendu, j'ai visité des rues dont les murs sont des murs incas, puis des cathédrales construites par les espagnols mais en fait par des incas, j'ai vu un dernier repas du Christ où Judas était représenté en Pizzaro, on m'a proposé 117 fois des massages dans la rue, j'suis reparti.
J'suis arrivé à arequipa, on l'appelle la ville blanche, nous c'était la ville grise, il pleuvait tout le temps, j'ai vu quelques condors et un bout de canyon, j'suis parti à lima, j'ai bu des cocktails avec maelle lena dans le parque del amor, j'ai visité des catacombes et vu des piles de squelettes de 10m de profondeur, j'ai tenté d'éviter des conducteurs péruviens un peu malades, j'ai fait un top 10 de mon voyage, j'ai pris le taxi à 5h du mat' pour l'aeroport, y avait la radio à fond, THIS IS THE WORLD, that's what she said.
Fue lo mejor del amor - cette zik a fait mon voyage
Te quiero mas y mas y mas y mas
Te vas te vas te vas (tout est dans la répétition)
mercredi 9 février 2011
Les voyages en bus
Par ici, c'est la saison des pluies
Pas ici
T'es-tu perdu mon fils, disait la mère
Pauvre petit parisien, que viens tu faire
J'ai l'esprit fécond
C'est con
Que le bus fasse des secousses
Un peu casse-couilles
Ca te dit de faire connaissance
C'est la fin des vacances
Que fais-tu, foetus d'homme
T'es-tu perdu?
Fais attention à toi, disait le père
T'es tu fais mal
Te voilà bientôt tiré d'affaire
As-tu encore perdu tes affaires
Tant qu'à faire
Couds-toi ton passeport sur le cul
Ca fera passer ta malchance de cocu
J'arrive à Lima dans 7h
Ma CB avalée dans un distributeur
J'avais qu'à pas passer l'été en Bolivie
C'est plus beau l'hiver
C'est Bolivar qui l'a dit.
Si tu kiffes la pop bolivienne
Besos de Amor
Te Amo tanto
vendredi 31 décembre 2010
Partir nulle part
Nous voilà seuls étrangers dans le bus qui nous transporte lourdement vers là où nous voulons aller, quelque part loin d'ici. La décrépite et malade Salvador nous semble déjà loin à quelques kilomètres de son centre suintant la tristesse et cette odeur putride d'une ville qui a perdu confiance qui s'accroche à tout prix à son passé glorieux qu'elle gâche, qu'elle cache. Le présent de Salvador survit malade de son passé.
Ces musiques qui marquent un voyage :
The Budos Band - Chicago Flacon
Trombone Shorty & Orleans Avenue - One Night Only
vendredi 3 décembre 2010
Rhétorique irakienne.
Ce discours est fictif ou peut être celui de Sérgio Cabral ( Gouverneur de Rio) cette semaine ou de George.W.Bush. En 2003.
